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site internet du centre œcuménique Saint Irénée

 


En avril 2007, plusieurs foyers mixtes français et suisses ont vécu un voyage œcuménique à Saint Petersbourg. Voici quelques échos de leurs découvertes.

Chez les luthériens

    St Pétersbourg compte deux églises luthériennes ; une finlandaise et une allemande. Les luthériens allemands, hollandais, suisses, des artistes pour la plupart, sont arrivés à St Petersbourg pour sa fondation en 1703. Avant la révolution, l'église luthérienne comptait 20 000 membres. Grands travailleurs et prospères, considérés comme fascistes, ils ont été opprimés pendant la révolution et déportés en Sibérie... Après la chute du mur de Berlin, beaucoup sont repartis en Allemagne.

    Sur la perspective Newski, l'église allemande nous ouvre ses portes. Le pasteur Reinebach nous fait visiter son église. Fermée au culte la veille de Noël 1937, on y a stocké des légumes et les oeuvres d'art ont été volées. Sous Krouchtchev, une piscine olympique a été construite en ces lieux, avec des tribunes sur les côtés et un plongeoir de 10 m (là ou se trouve aujourd'hui l'autel). A la restitution des bâtiments, il a fallu reconstruire une église à l'étage au niveau du premier fond de bassin.

    Sous l'église, on accède à des catacombes. Un grand peintre américain, Matt Lamb, vient de peindre pendant la semaine sainte, comme un mémorial du temps de l'oppression, avec la volonté de « transpercer ce lieu sombre par l'espérance »... Notre groupe inaugure la première visite d'une future petite chapelle ! En effet l'église est maintenant bien trop grande pour une paroisse qui compte aujourd'hui 300 membres.

    L'église accueille des jeunes qui ne supportent plus la structure très hiérarchisée de l'Église orthodoxe. Mais le pasteur est préoccupé par certaines évolutions dans l'Église russe luthérienne, comme l'opposition croissante à l'ordination des femmes ou la régression vers plus de rituel...

 

 

 

 

 

 

Chez les orthodoxes

    L'Église orthodoxe compte 40 séminaires en Russie. Celui de St Pétersbourg « St Jean le théologien » à été fondé au début du 19ème siècle. L'ensemble du séminaire, fermé en 1918 pendant la révolution d'octobre, a réouvert en 1946. L'église du séminaire est utilisée comme église paroissiale avec des offices deux fois par jour.

    L'ensemble regroupe 4 établissements et 500 élèves : un séminaire qui forme de futurs prêtres et moines ; une académie qui donne un niveau master 3 d'études en particulier pour les fonctionnaires ecclésiastiques. Par ailleurs une faculté existe depuis 20 ans et forme des chefs de choeurs (95% sont des femmes ;  elles épousent souvent les jeunes prêtres). Enfin une école d'iconographie forme – en quatre années d’étude – une trentaine d'élèves. Depuis peu, deux cours sont donnés (par des orthodoxes !) sur les théologiens catholiques et protestants.

Chez les catholiques

    Le père Paulo, recteur depuis 6 mois de l'unique séminaire catholique en Russie est italien et porte la soutane. Il a été prêtre en Sibérie, à Moscou, à St Pétersbourg. Il nous touche par son humanité et son ouverture oecuménique. Sur la cinquantaine d'établissements appartenant à l'Église catholique avant la Révolution, quatre ont été rendus partiellement au culte. Le séminaire « Marie Reine des Apôtres », confisqué en 1918, n'a pu rouvrir qu'en 1998. Actuellement il accueille 25 étudiants auxquels s'ajoutent 15 étudiants venant d'ordres différents provenant de Russie et des anciennes Républiques de l'Union soviétique. Le corps professoral est de multiples nationalités (30 % sont des femmes). Quatre orthodoxes enseignent l'histoire de l'Église orthodoxe, la théologie, la liturgie et les sacrements. A la question : accompagne-t-il des foyers mixtes? Il répond qu'il en connaît peu. Il insiste sur la nécessité pour chacun d'approfondir son histoire. Il reste difficile de trouver des homologues orthodoxes qui acceptent de travailler à une formation commune sur les problèmes de « cohabitation et d'estime réciproque ».